La danse des éventails (1978)

"Fan dance est un mélange étrange de pas simples mais inhabituels, enrichis par des mouvements de bras précis et par un espace aléatoire en constante évolution. Un bref hymne à la beauté géométrique, à la musicalité dansante, ... à la coordination physique, mentale et sensorielle... à la discipline du groupe et à la liberté personnelle." (Andy de Groat)

 

Strange fruit (extrait de Piccoli pezzi - 2000)

Chanson antiraciste fétiche de Billie Holiday écrite par Abel Meeropol en 1937. Interdite un temps de diffusion au Etat-Unis, Strange fruit est une chanson puissante, poétique et politique, qui reste malheureusement d'actualité.

 

Impro "red notes" (1977)

Système a priori simple de variations corporelles simples. L'improvisation du red notes, pour qui prend au sérieux la liberté qu'elle propose et les règles qu'elle impose, se révèle être un jeu sans fin pour travailler.

Martin Barré
Je suis né en 1982 avec un peu de retard.
J'ai pratiqué la musique et le jonglage dans mon enfance, avant de travailler plus sérieusement les disciplines de cirques.
J'ai ensuite rencontré Andy de Groat et suis parti travailler avec lui.
L'univers du spectacle n'a jamais été un rêve d'enfant, ce qui me permet d'être critique, parfois distant avec lui.
Ce qui m'intéresse principalement, c'est de faire des choses avec des gens,souvent plus dans un souci éthique et politique qu'esthétique ou technique...
Ce qui m'a aussi amené sur d'autre type de projets : cuisine collective, ateliers de transmission de savoirs, groupe de lecture, groupe d'entraînement martial.
LIRE LA BIOGRAPHIE D'ANDY DE GROAT
Andy de Groat est né en 1947 aux États-Unis de racines hollandaise, italienne, française, allemande et anglaise. Il suit le travail de Merce Cunningham, Yvonne Rainer, George Balanchine et Jérôme Robbins. Au début des années 1970, il s'intéresse à une forme de minimalisme, le spinning, un tournoiement répétitif. Interprète et compagnon de route de Robert Wilson, rencontré pendant ses études d'architecture aux Beaux-Arts à New-York en 1967, il collabore avec lui pour de nombreuses pièces, dont Le regard du sourd en 1971 et Une lettre pour la reine Victoria en 1974. En 1976, Andy de Groat signe la chorégraphie avec Lucinda Childs de la version originale de Einstein on the Beach, opéra écrit et mis en musique par Philip Glass, mis en scène et dirigé par Robert Wilson. La pièce Red Notes, qui donne également son nom à sa compagnie, est créée en 1977. En 1978 il crée Waiting for Godot Fan Dance. Cette célèbre Fan Dance, Danse des éventails, considérée comme la signature de sa compagnie, sera interprétée par de nombreuses compagnies professionnelles ou groupes amateurs, de l'Opéra national de Paris à São Paulo en passant par Roubaix ou Milan.
Installé en France en 1982 avec sa compagnie, il a créé plusieurs pièces remarquées avec les étoiles Wilfride Piollet et Jean Guizerix, notamment Giselle Échappée en 1980 ou Nouvelle lune, c'est-à-dire en 1983, ou encore avec Jean-Christophe Paré, le Groupe de Recherche Chorégraphique de l'Opéra de Paris (GRCOP), et Wah Loo Tin Tin Co, compagnie de jeunes interprètes à Montauban. Sa compagnie a été soutenue par le Ministère de la culture dès 1984. Auteur d'une soixantaine de pièces entre les années 1970 et 2010, Andy de Groat a aussi revisité le répertoire du dix-neuvième, par exemple avec des pièces comme Swan Lake, La Bayadère, Giselle, Casse-Noisette, tissant des liens entre modernité et tradition, mélangeant les genres avec humour et citations chorégraphiques. Il a aussi collaboré régulièrement à des productions lyriques depuis 1988, avec, par exemple, La Flûte Enchantée de Mozart de Robert Wilson à l'Opéra Bastille, The Rake's Progress de Stravinski, par Alfredo Arias au festival d'art lyrique d'Aix-en-Provence et à l'Opéra de Lyon, de Gênes et de Montpellier, Aïda de Verdi par Klaus Michael Grüber à l'Opéra d'Amsterdam.
Andy de Groat a été nommé Officier de l'Ordre des Arts et des Lettres par Jack Lang en 1985, puis Commandeur en 2000 par Catherine Tasca.
Lire : « L'oiseau » Andy Degroat, danseur et chorégraphe, est décédé

« L'oiseau » Andy Degroat, danseur et chorégraphe, est décédé

Le Figaro, le 11/01/2019

 

DISPARITION - L'artiste français, originaire du New Jersey, est mort jeudi matin à Montauban. Il avait créé la première chorégraphie d'Einstein on the beach de Bob Wilson. Et appris « la danse des éventails » aux danseurs de France.

Le danseur et chorégraphe français Andy Degroat est mort jeudi dans sa 72e année à Montauban. Auteur d'une soixantaine de chorégraphies, il a notamment travaillé avec Robert Wilson dans les années 1970 avant de fonder Red Notes, sa propre compagnie en France.

Né en 1947 aux États Unis à Paterson dans le New Jersey, Andrew de Groat a commencé des études d'architecte. Il rencontre Bob Wilson et participe à l'aventure du Regard du sourd créé par Bob Wilson en 1970. Il fera toute sa carrière en France, où il arrive au milieu des années 1970, lorsqu'Einstein on the Beach, de Philip Glass, est monté par le metteur en scène texan à Avignon.

 

Entre l'étoile Wilfride Piollet, épouse de Jean Guizerix, et Andy Degroat, les liens se tissent, et aboutissent à maintes créations comme Nouvelle lune créée dans une scénographie de nuages pour les adieux de Wilfride à l'Opéra de Paris, Giselle échappée aux Hivernales d'Avignon, ou Portraits de Danseurs pour lesquels Jean Guizerix rejoint la compagnie Red Notes d'Andy. C'est pour cette compagnie, fondée en 1970, que Degroat créé en 1978 son iconique Danse des éventails, marche en ligne sur une musique de Michel Galasso, ponctuée de mouvements de poignets où les éventails s'ouvrent comme des soleils.

« Il sera également proche de Jérôme Robbins, directeur du New York City Ballet et chorégraphe de West Side Story. Il assistait à ses répétitions à Paris et à New York », se souvient Brigitte Lefèvre, ancienne directrice du Ballet de l'Opéra de Paris. Les deux hommes partageaient notamment une immense capacité d'attention à la musique. « C'était un être singulier », dit encore Brigitte Lefèvre. « Il était comme un oiseau, longues pattes fines et tête d'une beauté absolue. Il s'est envolé jeudi matin vers le ciel et les étoiles », raconte Jean Guizerix, étoile de l'opéra de Paris, qui a très bien connu Andy Degroat. « La première fois que je l'ai vu en 1975 ou 1976, il était en jean et chemise rouge dans le foyer du Théâtre des Champs-Élysées et exécutait des mouvements de spinning, tournant sur lui-même indéfiniment. Il était alors très proche de Bob Wilson pour qui il allait chorégraphier Einstein on the Beach, que Bob confiera ensuite à Lucinda Childs. »

 

Un poète soucieux de l'instant présent

 

« C'était un poète qui pouvait chorégraphier tous les types de danse, de la danse indienne à la danse classique. Il n'était jamais dans la contrainte. Quand on lui demandait si on devait placer le bras comme ci ou comme ça, il répondait en riant : un soir comme ci et un soir comme ça », explique Jean Guizerix. « Tout ce qui lui importait, c'est l'attention à l'instant présent. » Au long de sa carrière, Degroat gardera son esprit, son imaginaire et son humour, très loin des modes. Malade depuis de longues années, il a été victime jeudi d'une crise cardiaque.

 

 

vendredi 20 Décembre
18h

Studio du CDCN

5 avenue Étienne Billières
31300 Toulouse

Métro A – Saint-Cyprien République
 

Situer le lieu

Tarifs

Entrée libre dans la limite des places disponibles

Durée 1h