"Mon intérêt pour la répétition est de nature anthropologique, voire biologique. Enfant, je passais des heures à scruter le mouvement des fourmis sur mon balcon. Elles se déplaçaient toutes en ligne droite et dans la même direction. Je me demandais : "Comment font-elles ? Pourquoi agissent-elles de la sorte et comment savent-elles marcher dans la même direction ?" Aujourd'hui, j'ai le même sentiment quand il m'arrive d'observer un groupe de personnes exécutant une pratique qui découle d'une compétence, d'une virtuosité qui m'est étrangère (comme une danse folklorique, le jonglage, ou certains types de sport...). Lorsque j'observe ces mouvements, plus ils sont loin de ma pratique, plus je découvre en eux quelque chose qui me parle… Je m'identifie dans certains des détails. (…).
Il y a eu dans les années 70, le Body Art (dont je suis un grand fan), suivi d'une deuxième vague dans les années 90, où la performance mettait l'accent sur l'inconfort de l'artiste en lien avec son époque. Ces actions - souvent très extrêmes, agressives et de temps en temps douloureuses - voulant parfois secouer le spectateur, le réveiller. Aujourd'hui nous vivons des temps différents avec des besoins différents. J'aimerais encourager le spectateur à sortir de chez lui et j'aime à penser que le lieu de représentation est un espace de rencontre.
Une des caractéristiques des interprètes avec lesquels je travaille est l'intérêt dans la poursuite du plaisir. La répétition ou l'effort, même si au départ cela peut sembler absurde, doivent être accompagnés par le désir de durer et le plaisir de la pratique elle-même. Dans mes pièces, vous pouvez souvent voir les interprètes sourire sur scène et ce n'est pas un sourire théâtral ou chorégraphié, mais une manière de trouver l'énergie nécessaire de continuer. Pour ma part, je trouve que le corps mis en condition de stress crée une empathie avec le spectateur, une proximité, une accessibilité, rendant la virtuosité en même temps vulnérable et agréable."

Alessandro Sciarroni in conversation with Jesse Hewit posted on September 14, 2016
Alessandro Sciarroni est performeur, chorégraphe et metteur en scène, avec une formation en arts visuels et plusieurs années de pratique théâtrale. En 2013, il est sélectionné pour être le premier artiste italien soutenu par “Modul-Dance”, un projet de coopération entre 19 centres de danses européens. Sa création Folk-S a ouvert l'édition 2013 des Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis. Untitled_I will be there when you die (2013) est une méditation performative et chorégraphique sur le temps qui passe. C'est une réflexion sur l'art de manipuler les objets avec dextérité : le jonglage. Ce travail est le second chapitre d'un projet de recherche plus large intitulé Will you still love me tomorrow?, recherche que l'artiste/performeur engage en explorant les concepts de lutte, stabilité et résistance. En 2017, il crée CHROMA.

Site d'Alessandro Sciaronni

du 26 au 30 mars 2018

Studio du CDCN

5 avenue Étienne Billières
31300 Toulouse

Métro ligne A – Saint-Cyprien République
 

Situer le lieu

niveau

Avancé à professionnel.

horaires

De 10h30 à 17h30

inscriptions

Entre un mois et 15 jours avant le début du stage.

Envoyer un C.V et une lettre de motivation à Chloé Ban : c.ban@laplacedeladanse.com

Tarifs

Stage d'une semaine : 160€

Stage de deux semaines : 280€

Des prises en charge sont possibles pour les demandeurs d'emploi et les intermittents.