En investiguant la figure de la nymphe, personnage mythologique mineur, zone de l'anatomie sexuelle dite féminine et métaphore de l'affect, Taous Bertrand propose une certaine traduction de l'expérience transféminine dans un solo acéré et aérien.
Collecter les fragments, morceau par morceau, d'une figure féminine antique disparue et les fondre au creuset d'une chair d'aujourd'hui : c'est à cette entreprise, transculturelle, transhistorique, tout autant qu'intime, que se livre Taous Bertrand dans le solo Nymphe. La trajectoire des mains dessine un corps autre – dos, seins, ventre, sexe –, corps chiffré, corps codé où se croisent des traditions et des influences apparemment disparates et éloignées les unes des autres. La danseuse et chorégraphe fait surgir l'écho de ces anciennes divinités de la nature, polymorphes et versatiles, métaphores du désir, de la jouissance et du sexe féminin. Dans son incarnation, là où nymphe et faune s'assemblent jusqu'à l'indiscernable, les corporéités queer, académique, pop, nô, convergent, jouant entre une table de dissection et un agrès d'envol, entre le tranchant et la grâce.
Taous Bertrand est danseuse et chorégraphe contemporaine. Irrigué par l'anthropologie culturelle, l'historiographie et la philosophie, son travail chorégraphique s'intéresse à la survivance contemporaine de la figure de la nymphe, de la ligne serpentine qu'elle trace, des gestes ondulatoires et des images du pathos qu'elle convoque de manière latente dans les formes chorégraphiques. Lauréate de la Villa Kujoyama et diplômée en littérature moderne et en philosophie, son langage chorégraphique est animé par une pulsion d'archive et explore une écriture et des matériaux gestuels reliés aux questions de genre, à la mémoire des fantômes et aux archétypes féminins. Dans son travail dont les pièces se déclinent au nom d'Orages, Rafales, Vestiges, brutal syntax ou encore La Fin des Forêts, le corps y apparaît comme une machine écrivante génératrice de signes, essayant d'échapper à leur tyrannie.
En tant qu'interprète, elle a notamment travaillé avec Olivier Dubois, Adam Linder, Alex Baczynski-Jenkins, Vanessa Beecroft, Christine and the Queens (désormais connu sous le nom de Rahim Redcar) ou encore le collectif (LA)HORDE. Son travail a été présenté dans des lieux comme Impulstanz Festival à Vienne, Lafayettes Anticipations, l'École Normale Supérieure et la Ménagerie de verre à Paris, la Collection Lambert en Avignon, Southbank Centre à Londres, le TAP-Théâtre Auditorium de Poitiers…
Une coréalisation La Place de la Danse, la Grainerie – fabrique des arts du cirque et de l'itinérance - scène conventionnée d'intérêt national
Chorégraphie, conception, interprétation et lumières : Taous Bertrand • Son : Thélia Merchadou-Pineau • Scénographie : Anousha Mohtashami • Vidéo : Pierre Guais • Regard chorégraphique : Laurent Chetouane, Dylan Guzowski • Texte : Théo Casciani • Costumes : Constance Tabourga • Musiques additionnelles : Unpretty – TLC, Nothing but paradise – Li-Young
Production RADAR
Production déléguée Latitudes Prod. – Lille / Luciole Duvivier
Coproductions
KLAP Maison pour la danse, Marseille ; Le Carreau du Temple, Établissement culturel et sportif de la Ville de Paris ; Centre Chorégraphique National de Créteil et du Val-de-Marne | EMKA, dans le cadre de l'accueil studio / Ministère de la Culture ; CCN-Ballet National de Marseille, dans le cadre de l'accueil studio / Ministère de la Culture
Soutiens
DRAC Nouvelle-Aquitaine au titre de l'aide au projet soutien Fond SACD Musique de Scène ; SPEDIDAM, La SPEDIDAM est un organisme de gestion collective qui œuvre afin de garantir aux artistes-interprètes de toutes catégories les droits qui leur ont été reconnus.
Accueils en résidence
Centre National de la Danse, Pantin ; Ménagerie de Verre, Paris
© thibault lefebure