En faisant du sculpteur sa propre sculpture, Transfiguration a fait le tour du monde. Entre virtuosité, mysticisme et art brut, la glaise devient outil de métamorphose absolu pour cette pièce emblématique d'Olivier de Sagazan.
Transfiguration est né d'une frustration : ne parvenant pas à insuffler un semblant de vie à l'une de ses œuvres, le plasticien Olivier de Sagazan se recouvre lui-même de glaise qu'il travaille à la main, yeux fermés. Au fur et à mesure que les couches d'argile s'accumulent sur son visage et son corps, piquées d'objets divers (clous, branches, morceaux d'étoupe…), frottées, barrées, fardées de couleurs, le performer malaxe la matière à même la chair, malmenant, défigurant la forme humaine pour en exprimer un jus de vie brute. Le sculpteur est la sculpture, le peintre la toile, le créateur la créature, démiurge chantonnant, parlant, s'encourageant à extraire un visage des masques innommables qu'il façonne dans sa transe. Nées de bourgeonnements et de déliquescences, des formes hybrides, mutantes, dansent le chaos fascinant des origines de la création. Une performance saisissante qui, depuis plus de vingt-cinq ans, marque durablement tous ses spectateur·rice·s.
Né en 1959 au Congo Brazzaville, Olivier de Sagazan se tourne vers la peinture et la sculpture après une formation en biologie. À partir des années 2000 et de la performance Transfiguration, il appuie ses recherches sur le modelage d'argile à même le corps, le sien ou celui de ses interprètes comme dans La Messe de l'âne et Nous sommes la terre. Avec ses figures oscillant entre humanité et animalité, forme et difforme, il collabore également avec des artistes du cinéma, de la mode ou de la musique.
Une coréalisation La Place de la Danse, Théâtre Sorano, théâtre Garonne
Direction artistique, conception et interprétation : Olivier de Sagazan • Production : Olivier De Sagazan • Production déléguée : Wart
© Didier Carluccio

Poursuivez les soirées des 5 et 6 mars avec Parterre de Volmir Cordeiro au théâtre Garonne.