Le shrift, néologisme inventé par Nadia Beugré, renvoie à ces stratégies mises en place dans la plupart des pays du continent africain où les citoyens-magiciens inventent chaque jour les conditions de leurs lendemains… Alors comment « shrifter » dans un espace, un projet, comment faire face à l'imprévu, l'inattendu, l'obstacle, pour rebondir, bifurquer adapter, contourner, se construire…
Nadia travaillera à partir de matières et d'objets, apportés par les participant·e·s, ou par elle, comme les ahokos (des instruments de musique traditionnelle ivoiriens), et qui pourront être détournés.
À l'écoute des autres, de la musique des corps, du rythme des ahokos, dont toutes les possibilités sonores et physique seront explorées — comment l'objet transforme le corps et le corps l'objet —, à l'écoute du visible et de l'invisible, il s'agira de laisser la place à l'écoute, d'entrer en dialogue sonore et physique avec d'autres corps, pour accueillir ce qui n'était pas prévu ou pensé et accoster d'autres rives.
Enfant d'Abobo à Abidjan, Nadia Beugré rencontre Béatrice Kombé en 1997, et avec elle tout un univers. Elles fondent la compagnie Tché-Tché et se produisent dans le monde entier.
Après la disparition de Béatrice, Nadia se forme à l'École des Sables au Sénégal, puis intègre en 2009 Ex.e.r.ce sous la direction de Mathilde Monnier. De Quartiers Libres (2012) à L'Homme rare (2020), Filles-Pétroles (2023), Prophétique (2023) ou Épique ! (pour Yikakou), sa dernière création (2025), ses pièces explorent les marges, ce qui échappe et dévie, les rôles que l'on donne et ceux que l'on prend.
Interprète, Nadia Beugré collabore avec Alain Buffard, autre rencontre décisive, mais aussi Dorothée Munyaneza, Boris Charmatz ou en 2022 Robyn Orlin.
Artiste associée à ICI CCN de Montpellier (2023-24), Prix Nouveau Talent Chorégraphique de la SACD 2023, elle a fondé à Montpellier, Libr'Arts, un espace de création et transmission entre la France et la Côte d'Ivoire.
© Bea Borgers