M'appuyant sur une recherche fondamentale du mouvement, je m'intéresse aux technologies du corps non pas pour en transmettre un style, mais comme outils pour investir la plus grande diversité de formes, de rythmes, de qualités et de relations.
Activité fonctionnelle mais nullement attachée à une utilisation pratique, danser s'apparente à inventer, observer, sentir, ressentir et dialoguer avec cette pratique du corps. J'aborde donc ce dernier non pas seulement comme une surface d'apprentissage mais bien comme un vaste terrain de jeu avec ses contraintes et ses possibles.
J'aspire à rendre le corps disponible et à en faire un système infiniment adaptable à ce qui l'entoure. M'appuyant sur des rapports et coordinations toujours plus complexes entre les différentes structures du corps et l'espace, j'invite donc à explorer le mouvement dans des enjeux toujours créatifs en même temps que rigoureusement techniques.
Après une pratique assidue de la photographie et une formation universitaire en histoire et histoire de l'art, c'est de manière abrupte et inattendue que Sylvain Huc découvre la danse contemporaine. Sa première création, Le Petit Chaperon Rouge, pièce jeune public jouée 250 fois en France et en Europe, pose les bases d'un travail chorégraphique singulier qui privilégie le corps, ses états, sa consistance en interaction très forte avec le son et la lumière. Viennent ensuite Rotkäppchen, Kaputt, et Boys don't cry. En 2018, il crée Sujets (Festival Montpellier Danse), quintette décisif et contemplation d'une nudité chorégraphique autant que plastique. En 2019, il est invité pour créer une pièce, Nupcias, avec la Compagnie nationale de danse d'Equateur. Son solo, LEX, est présenté à Roubaix la même année. 2021 verra deux nouvelles créations (NUIT, Festival Montpellier Danse / Wonderland, pièce jeune public). En 2023, il co-signe The Lost Pieces, duo avec le chorégraphe brésilien Thiago Granato. Il retourne au festival Montpellier Danse en 2025 avec La vie nouvelle, pièce co-écrite avec Mathilde Olivares, collaboratrice de longue date. S'il place bien le corps au centre de tous ses travaux, Sylvain Huc aime le mettre en relation avec un environnement sonore et lumineux dans lequel il se déploie tour à tour savant ou sauvage. Sa collaboration avec l'artiste audio-visuel Fabrice Planquette est l'illustration d'une vive appétence pour les arts visuels et plastiques. Il est également directeur artistique du Bloom Festival qu'il a initié à Tournefeuille en 2022.
© Loran Chourrau