La brochure de saison 2026-2027 en version numérique
Un visuel de saison à quatre mains
Onirique, colorée, mouvante et émouvante, elle est à l'image de notre efflorescente saison et de notre projet à multiples facettes.
Cette année, nous avons invité l'artiste plasticien Jérôme Souillot à peindre ce qu'il nomme des "Sommes" spécialement pour La Place de la Danse puis de les confier à notre graphiste Fred Nicolau pour imaginer le visuel de la saison.
Les Sommes
série de peintures, expositions et performance. Depuis 2021
J'ai entamé pendant le confinement une nouvelle série d'images que j'ai nommées « Les Sommes ». Comme le résultat d'une addition et comme le petit sommeil. J'ai peint sur papier au format 45cmx61cm des « images paysages » composées d'une multitude d'objets dans lesquelles je poursuis cette recherche d'immersion dans le détail. Ces images n'ont pas vraiment de sens de lecture, ni repère dans l'espace, excepté un fond sur lequel les éléments qui les composent viennent voler, s'accrocher ou se fondre. Des objets que j'ai été puisés dans ma mémoire visuelle qui sont entreposés dans des tiroirs, étagères et boîtes qui ne sont pas à ma portée mais dont je cherche l'impression, le souvenir.
Des objets gardés sans raison, fèves de galettes, bijoux oubliés, bouts de bois, 4ᵉ de couverture de BD, rubans, napperons, figurines, motifs imprimés…
Je les peins comme ils émergent de la mémoire ou comme ce qu'il reste sous la peau des yeux : fondus, incomplets, comme les premières impressions distordues par la rémanence. Pour moi, ils apparaissent comme les premières images qui accompagnent l'endormissement. Je puise et laisse venir, comme en sommeil, le volatile et le solide, le discret et le flagrant. Les objets s'enchâssent, se superposent et s'accumulent comme dans les pensées ; créant des « images/nuées » flottantes et liquides.
Ces objets que l'on reconnaît à peine, mais dont on garde l'intuition, m'apparaissent comme les composants d'un cheminement mental que je voudrais rapprocher de l'état d'entrée en sommeil. Il me semble qu'une acuité sensorielle émerge de cet égarement dans l'image. Comme si, noyé et perdu par l'œil, l'esprit devenait plus vif ou plus précis. Peut-être plus souple et apaisé.
Jérôme Souillot